LA CHASSE AUX ANGLICISMES

Un anglicisme est un emprunt linguistique à l’anglais, par exemple un sens, une forme, une prononciation ou une structure syntaxique qui sont faits dans la plupart des cas au détriment de la langue française.

Vous serez surpris de nombreux mots ou locutions que nous utilisons tous les jours, mais qui s’avèrent être des anglicismes, à titre d’exemple :

  • Je suis spécialiste en droit corporatif.
  • Le répertoire des actes n’est pas à date.
  • Les gestionnaires de la copropriété ont adopté un règlement à l’effet que les chiens sont maintenant interdits.
  • Pourriez-vous compléter ce formulaire.
  • Il s’agit d’une erreur cléricale.
  • Veuillez nous faire parvenir un chèque au montant de 425 000,50 $.
  • Cette entreprise a établi sa principale place d’affaires à Québec, mais elle a aussi plusieurs autres places d’affaires

Droit corporatif

L’adjectif corporatif signifie en français « propre à une corporation ». Une corporation est un regroupement de personnes de même profession. Ainsi, on peut parler d’un esprit corporatif, par exemple, au sujet de l’esprit de corps qui anime une association professionnelle, ou encore d’un groupement corporatif, pour désigner une association qui a la structure d’une corporation.

Lorsqu’il est employé pour qualifier ce qui est relatif aux entreprises, aux sociétés de capitaux ou de personnes, aux organismes ou au monde des affaires, corporatif est un anglicisme qu’il convient de remplacer par des mots ou expressions tels que commercial, des affaires, d’affaires, de l’entreprise, d’entreprise, des entreprises, aux entreprises, de la compagnie, du siège social, de la société, social (au sens de « qui est relatif à une société de capitaux ou de personnes »), institutionnel, organisationnel, de l’organisme, de l’organisation.

 

Vous direz plutôt: « Je suis spécialiste en droit des affaires »

 

À date

Les expressions à date et jusqu’à date sont des calques de l’anglais to date et up to date. Ainsi, un document qui est actualisé au jour où l’on se trouve n’est pas à date mais plutôt à jour. Par ailleurs, si on veut indiquer que le moment où l’on parle constitue une limite dans le temps, on peut utiliser les locutions à ce jour, jusqu’à présent, jusqu’à maintenant ou jusqu’ici. Vous direz plutôt: « Le répertoire des minutes n’est pas à jour »

À l’effet

Plusieurs locutions sont formées avec le mot effet. Par exemple, en effet (qui signifie « car », « effectivement »), sous l’effet de (« sous l’influence de »), prendre effet (« entrer en vigueur »), à cet effet (« en vue de cela »). Toutes ces expressions sont correctes en français. Par contre, à l’effet que est un calque de l’anglais to the effect that et ne signifie rien en français. Il faut le remplacer par l’une ou l’autre des expressions suivantes : selon lequel, selon laquelle, voulant que ou reformuler la phrase, par exemple avec un complément déterminatif. Vous direz plutôt: « Les gestionnaires de la copropriété ont adopté un règlement selon lequel que les chiens sont maintenant interdits. »

Compléter

Le verbe compléter n’a qu’un sens en français, celui de « rendre complet ce qui était incomplet ». Ainsi, compléter une chose, c’est lui ajouter ce qui manque, en combler les lacunes.  Employé au sens de « remplir » ou de « faire, exécuter, réaliser, accomplir », compléter est un anglicisme. Vous direz plutôt: « Pourriez-vous remplir ce formulaire. »

Cléricale

En français, l’adjectif clérical signifie « relatif au clergé » ou « favorable au clergé ». Sous l’influence de l’anglais clerical, on emploie parfois cet adjectif dans le sens de « de bureau ». On évitera d’employer cet adjectif en ce sens; on le remplacera par de bureau ou par administratif.                                     

On emploie parfois aussi clérical dans l’expression erreur cléricale. Cet emploi est un autre emprunt sémantique à l’anglais clerical. On pourra remplacer cette expression, selon le contexte, par faute de frappe, erreur de frappe, faute de copiste, faute de transcription ou erreur d’écriture.

Vous direz plutôt: « Il s’agit d’une simple erreur de frappe. »

Au montant de

Lorsqu’on parle d’un chèque, d’un mandat, d’une dette, etc., l’emploi de l’expression au montant de devant le chiffre en question est à éviter. Cette expression est un calque de l’anglais to the amount of ou in the amount of. Il vaut mieux remplacer cette expression par la préposition de ou, dans certains contextes, l’enlever tout simplement. Vous direz plutôt: « Veuillez nous faire parvenir un chèque de 425 000,50 $. »

Place d’affaires

Le terme place d’affaires est un calque de l’anglais place of business ou business place. On peut remplacer ce calque par différents termes français, selon le contexte.

Lorsqu’il s’agit de désigner de manière générale le lieu où une entreprise se situe, on remplacera place d’affaires par établissement, établissement de commerce, établissement commercial, bureau, bureaux ou maison de commerce.

De même, au lieu de désigner par le terme principale place d’affaires le lieu dans lequel une société ou une association concentre ses activités juridiques, administratives et ses activités de direction, on emploiera le terme siège social. (Le terme plus général siège peut être employé pour désigner le principal lieu d’activités de tout type d’organisme.)

On évitera en outre d’employer le calque place d’affaires comme synonyme de succursale « établissement commercial qui dépend d’un autre, mais jouit d’une certaine autonomie par rapport à lui, sans en être juridiquement distinct ».

Vous direz plutôt: « Cette entreprise a établi son siège à Québec, mais elle a aussi plusieurs succursales ailleurs. »

Comme certains anglicismes n’avaient pas de terme français pour les désigner ils ont été acceptés, c’est notamment le cas des mots steak, boxe, baseball, coroner, marketing, etc. 

Au fil des semaines, nous verrons d’autres anglicismes dont plusieurs vous surprendront. 

À bientôt!

Source:  Office québécois de la langue française

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